Les Belles de Nuit – 1952

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One of the wonderful things about cinema is that despite the relative youth of the medium it came into being at a time that was so democratic and individualist that it seems one can never run out of it. The sheer number of filmmakers existent across the globe at any point in time means that variety really is the spice of life, in terms of style and content, when tracking back through the archives.

Thus is the optimism that René Clair’s 1952 film has left me with. Made just after the second world war, a time when French society was desperately trying to justify itself after the upheaval of it’s war regime les belles de nuit traces French history elegantly backwards. It seems as if Clair is trying to assert his contemporary France by calling up the national memory of bygone eras. We see France in the not-at-all-nostalgically-named Belle Époque, the revolutionary wars, the old monarchy and the time of the musketeers.

But les belles de nuit is not a political film, despite the potential for socio-historical analysis. The heart of the film rests on the performance of a certain foppish and endearing Gérard Philippe, down and out pianist dreaming of love. And this he does, literally. He shuts himself off from his real life in order to chase the fantasy women he sees in his dreams of the past. It’s not that his normal life is unsatisfactory, far from it – his friends worry for him, he has a beautiful girl in love with him and he’s a talented musician. The film explores what happens when someone can’t see the joy in their own life and feels the need to escape. It’s a little like a cross between Midnight in Paris and It’s a Wonderful Life.

The interest from a cinematic point of view comes from a humourous lightness of touch that removes the potential for melodrama but fails to fall into parody or silliness. Yes, the film is funny, the dream sequences complete with moving pantomime theatre sets are indulgent and kitsch – but they’re dreams and the shifting narrative sands and archetypes of dreaming are rendered so well that the humour itself becomes poetic, rather than the film hovering and to-ing and fro-ing between gags and serious moments. Every potential joke that can be made, within the limits of the natural absurdity of life, is made. Even when it’s patently ridiculous and ironic to the extreme the running gags never seem impossible, just unlucky.

Most importantly Les Belles de Nuit is enjoyable. Certainly, it opens doors to speak about artistic inspiration, the significance of dreams, the dangers of naïve nostalgia and the necessity to appreciate what you have while you have it, but when all is said and done you will still be able to put on this film, sit down and pass a good hour and a half laughing and smiling with the characters on screen.

  • Entertainment: 5/5
  • Artistic:            4/5
  • Intellectual:     3/5

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Ce que je trouve magnifique dans le cinéma c’est que, malgré sa naissance relativement récente, il nous est venu à un moment de l’histoire si démocratique et individualiste qu’il me semble impossible de l’épuiser. C’est-à-dire que la quantité de cinéastes qui auront existé dans tous les coins du monde à n’importe quel moment donné produit une variété de styles et de thématiques vraiment époustouflante, surtout quand on le regarde avec du recul.

C’est à cela que m’a fait penser ce film de René Clair. Réalisé en 1952 juste après la deuxième guerre mondiale, époque troublée de la France après l’Occupation, Les Belles de nuit retraverse l’histoire de la France avec élégance et grâce. Il semble exprimer ce qu’est la France en 1952 à travers une mise en valeur de ce qu’elle était auparavant. Il nous montre la France de la Belle Époque, les guerres en Algérie, l’Ancien Régime et le règne de Louis XIII.

Mais Les Belles de nuit n’est pas à proprement dire un film politique, malgré la forte possibilité d’une analyse socio-historique. Au coeur de ce film se trouve le fin jeu de comédien d’un certain Gérard Philippe, tout charmant en tant que pianiste fauché qui rêve d’amour. Ceci est ce qu’il fait, littéralement. Il rejette sa propre vie pour retrouver les femmes imaginaires dont il rêve chaque nuit dans ses rêves des mondes passés. Ce n’est pas que sa vraie vie est invivable, bien au contraire – ses amis s’occupent de lui, une belle jeune fille est amoureuse de lui et il est lui-même un musicien doué. Ce film examine donc les conséquences quand on n’arrive pas à apprécier sa propre vie et qu’on sent un besoin d’y échapper. C’est un peu à mi-chemin entre It’s a Wonderful Life ­and Midnight in Paris.

D’un point de vue cinématographique l’intérêt vient du style léger et humoristique qui allège le potentiel de mélodrame en même temps qu’il évite de (se) dégénérer en parodie, voire en niaiserie. Oui, certes, le film est drôle, surtout les séquences de rêve où le décor bouge et semble tiré d’une mauvaise pantomime – mais ce sont des rêves et c’est exactement ça qui rend si bien la sensation de flou narratif qu’on sent tous dans les rêves. L’humeur elle-même devient poétique, plutôt qu’un basculement fatiguant entre le sérieux et le drôle tout au long du film. Chaque blague qui peut se faire, en tenant compte de l’absurdité indéniable de la vie, se fait. Même quand la situation devient ridicule et ironique à l’extrême, les blagues ne semblent jamais venir du royaume de l’impossible, juste de la mauvaise chance.

Mais ce qui est le plus important chez Les Belles de Nuit, c’est qu’on s’amuse en le regardant. Oui, on peut y tirer des discours sur l’inspiration poétique, la signification des rêves, les dangers d’une nostalgie naïve et surtout la nécessité d’apprécier la vie pendant qu’on la vit, mais en fin de compte ce sera encore possible de s’asseoir devant ce film et de passer un bon moment avec les personnages qu’il nous présente.

*Note from the blogger – the French translation is not a permanent feature on this blog, however more will be appearing especially for French Cinema on an ongoing basis of when I feel I can adequately express everything said in the English in French* 

 

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